PARCOURS

L’appel du large…

Née à Maisons-Alfort, c’est à Bordeaux qu’elle effectue sa scolarité et entame son apprentissage artistique par l’étude du piano et par le chant choral, l’année de ses sept ans. On la retrouve un peu plus tard parmi les gamins de Carmen, sous la direction de Roberto Benzi, avant de prendre ses premiers cours de théâtre (méthode Stanislavski). Son bac en poche, elle poursuit jusqu’en Maîtrise un cursus en Etudes Théâtrales (Paris III), ponctué de séjours à l’étranger. Le premier la conduit au Québec (où elle joue avec la troupe Les Treize et dans des courts-métrages, chante Glück et noue des amitiés durables) ; le second l’amène à l’Université Keïo pour mener une recherche sur le théâtre Nô. Elle reste 3 ans à Tôkyô, apprend la langue, s’abreuve de jazz et découvre avec enthousiasme une autre facette du métier de comédienne : la voix-off. C’est aussi dans ce pays qu’elle commence à enseigner.

Parallèlement à son cursus universitaire, elle se forme notamment auprès d’Ary Auberger et d’Annie Dana et interprète entre autres Molière, Racine, Anouilh, Obaldia ou encore un montage en espagnol d’Edilio Pena. Elle anime des ateliers d’art dramatique avec le Théâtre de l’Aveu, se passionne pour le tango qu’elle apprend auprès de maestros tels que Catherine & Federico, P. Verón, Los Dinzel… Cette passion l’habitera durant une dizaine d’années et l’incitera à s’immerger dans le répertoire chanté traditionnel latinoaméricain. C’est durant cette période qu’elle entame sa collaboration avec la pianiste Gabrielle Venancio pour proposer un répertoire où s’entremêlent jazz et chanson française, accents latinos et paysages sonores brésiliens.

Cap au Sud…

Ce contact étroit avec la musique et la culture sudaméricaine la conduit à s’installer à Sāo Paulo, où l’accueille la compagnie A Jaca Est, dirigée par G. Fernandes, pour une tournée dans les états de São Paulo et du Paraná. Assistante de Michel Deutsch, elle collabore également avec Léa Dant, prête sa voix à des spectacles vivants et coache des comédiens et des conférenciers. Cette période brésilienne est également une période de formation, sous la forme de divers stages afin de se perfectionner en chant et technique vocale parlée/chantée. Elle n’oublie pas le Nô, intègre le N.I.Te de Luiz Valcazaras pour un travail intensif autour de l’oralité et le corps de l’acteur, source de belles rencontres artistiques, et rejoint le Centro de Estudos Orientais, groupe d’études dirigé par Christine Greiner, enseignante à la Faculté des Arts du Corps de la PUC- SP, qui mène une recherche sur le corps en scène.

Convergences…

Basée en France depuis 2008, Lo Leclercq évolue entre scène, caméra, micro et  transmission, enrichissant sa pratique artistique au gré des rencontres.

A partir de 2013, répondant à l’invitation de la viéliste Rachel Méegens, c’est la plongée dans le répertoire médiéval et traditionnel. Ensemble, elles créent Marginalia et présentent des récitals de musique et de poésie, ainsi que des spectacles pédagogiques. Elle collabore aussi avec l’ensemble de musique celtique TIR NA mBEO, se familiarise avec le répertoire des Balkans auprès de Darko Andelkovic et rejoint les musiciennes Mayu Sato et Etsuko Shoji pour former OKALA-ZA et proposer des  kamishibaïs musicaux bilingues de contes traditionnels japonais. Ces diverses formes lui permettent de mêler différentes techniques : jeu théâtral, narration, conte, lecture… et de les allier au chant, réunissant ainsi ses deux passions. Au sein de la compagnie Le Chat dans la lucarne, elle s’accompagne aussi parfois d’instruments japonais (la flûte traversière shinobue ou le petit tambour d’épaule kotsuzumi), au psaltérion, ou parsème ses spectacles de chants traditionnels de différents pays, donnant ainsi l’occasion au spectateur d’apprécier d’autres sonorités.

Parallèlement à ces activités, elle collabore à divers projets cinématographiques et audiovisuels. Au fil des tournages, elle a ainsi l’occasion d’incarner Nora, d’après Ibsen, dans un court métrage réalisé par Pascal Lifschutz, ou George Sand pour la télévision japonaise, et de participer à divers longs-métrages. Par ailleurs, elle enregistre des choeurs et des voix-off. Sa voix parlée se pose, entre autres, sur des projets institutionnels, comme par exemple Orange, pour qui elle enregistre 2 CD/an  entre 2008 et 2019), des attentes téléphoniques, des audioguides… En outre, elle se produit pour le jeune public, retrouve G. Venancio pour un répertoire augmenté … met en scène des contes (Marginalia, Le Chat dans la lucarne) et assiste Yaël Bacry (MPAA – 2019).

Tout au long de son parcours, Lo continue de se former, cherchant sans cesse à perfectionner sa technique et/ou à acquérir des compétences complémentaires. Elle bénéficie ainsi, pour la technique vocale, des conseils éclairés de G.Ros, et de ceux de P.Y. Pénafiel et P.M. Sivadier ou C. Simon pour l’improvisation, le jazz et la polyrythmie, ainsi que de l’approche holistique de M. de Saint-Ghislain, par exemple, pour le corps. Afin de compléter ses compétences au micro, elle entame aussi une formation voix-off en 2008 (CVO – L. Pancino, D. Wenta…) ainsi qu’un training régulier en doublage en 2018/2019 (Studio Capitale). La création de Marginalia l’incite à s’initier à la musique modale avec René Zosso et au chant grégorien avec Catherine Sergent. Par la suite, elle s’intéresse aussi au répertoire traditionnel français auprès de Catherine Perrier. Par ailleurs, souhaitant parfaire ses connaissance du théâtre Nô, elle effectue un stage intensif (Kanze Ryû) à Kyôtô et en profite pour s’initer au kotsuzumi (2018).

Riche d’une expérience variée, Lo nourrit aussi sa pratique artistique par l’échange et la transmission. Ainsi, souhaitant accompagner au mieux les artistes ou les amateurs qui font appel à elle, elle entreprend de se perfectionner en pédagogie de la voix chez Harmoniques et obtient sa certification CNCP en 2019.  Plus récemment, elle profite de la période du confinement pour se former à l’approche Corps Voix & Chant d’E. Trinquesse (cursus en ligne) ainsi qu’à la méthode O Passo.